Qui sont les Vaudois à la fin du XVIIème siécle?

 

Les Vaudois, dont les origines remontent a environ 1174 au commerçant lyonnais Waldes, ont été l'un des nombreux mouvements de pauvreté du Moyen Age. Leur volenté de prêcher sans approbation de l'évêque leur valut rapidement la condamnation de la hiérarchie

catholique. Malgré cela, la "societas valdesiana" s'étendra sur toute l'Europe. Il est vrai que les Vaudois furent de plus en plus poussés a la clandestinité a cause de l'Inquisition et de la concurrence de l'ordre des franciscains. Le travali des "barba" (mot provençal pour oncle), prédicateurs itinérants donnait, cependant, une certaine cohésion aux Vaudois, cela jusqu'au XVIème siècle. A la veille de la Réforme, la "societas valdesiana" était toujours vivante. L'ensemble des Alpes Cottiennes formait a l'époque le noyau, alors qu'aujourd'hui les vallées vaudoises n'en représentent qu'une petite partie.

 

Sous l'influence de Guillaume FareL, réformateur de Neuchâtel et Gènéve, les Vaudois décidèrent en 1532, à l'occasion de l'assemblèe de Chanforan, d'adhérer au mouvement réformateur

suisse. Les pasteurs locaux prêchant ouvertement remplaçaient les prédicateurs itinérants. Le mouvement vaudois prenait la forme d'une église établie.

Avec leur théologie et la structure de leur église, les Vaudois s'identifiaient de plus en plus avec les idées de Jean Calvin, qui, à partir de 1536, exerçait à Genève. Il joua un rôle important dans la création de l'église réformée en France, dont les membres étaient appelés les huguenots. Au XVIIème sicle, la spiritualité et la théologie des Vaudois et des huguenots se

ressemblaient fort. La seule différence était que les Vaudois avalent un passe hérétique ­jamais oublié­ alors que l'église calviniste française (a l'exception du val Pragela, de la partie

supérieure du val de Suze et de quelques vallées du Dauphiné) s'était directement développée à partir du catholicisme. L'église vaudoise resta, malgré les liens etroits avec l'église de Genève et les réformés français (surtout avec ceux du val Pragela) une

église indépendante. Ceci s'explique davantage par sa nationalité savoyarde que par des motifs d'ordre théologique.

 

Les droits reconnus aux protestants français en 1598 par l'édit de Nantes avalent été révoqués en 1685 par l'édit de Fontainebleau.

Louis XIV défendait même à ses sujet réformés de quitter le pays:

il ne leur restait qu'a se convenir au catholicisme. Les vallées vaudoises du Piémont présentaient un refuge relativement proche pour les huguenots du sud de la France. En l'an 1686 Louis XIV

réussissait àprendre des mesures contre les voisins vaudois par l'intermédiaire de leur souverain, le due de Savoie, Victor­Amédée II.

 

Lorsque les Vaudois furent confrontés au dilemme: se soumettre a l'église catholique ou s'exiler, ils décidèrent, après maintes discussions, de resister dans les vallées. Cette résistance

s'avéra inutile du fait de l'enorme puissance des troupes savoyardes et françaises misent à la disposition du due de Savoie par Louis XIV. Seuls de petits groupes appelés "les Invincibles",

réussirent à résister dans les montagnes et ont eu, par la suite, l'autorisation d'émigrer en Suisse. Une partie de ces 15.000 Vaudois qui vivalent jadis dans ces vallées fut assassinée,

l'autre partie fut convertie de force au catholicisme et environ 8.500 furent emprisonnés au Piémont et moururent de faim et de maladie. Grâce aux négociations diplomatiques de la Suisse protestante, les survivants furent amenés en janvier et février 1687 a Genève et, de la, dispersés dans toute la Suisse. Les pasteurs vaudois et un certain nombre d'enfants furent pourtant

retenus au Piémont.

 

Les Vaudois furent obligés de quitter la Suisse aussi rapidement que possible, avec, comme destination, des pays plus éloignés de la Savoie. Telles étaient les conditions de la libération des

otages. Ainsi, dans le courant des années 1687 et 1688 des groupes de Vaudois émigrèrent­ils vers l'Allemagne, surtout le Palatinat, le Wurtemberg et le Brandebourg. Une partie refusa de quitter la Suisse, dans l'espoir de revenir un jour dans les vallées.