II y a plus de 300 ans, les Vaudois rentraient de leur exil

 

 suisse. Cet exil avait commencé en 1687. En août 1689, environ 950 a 1000 Vaudois et huguenots se rassemblaient sur la rive septentrionale du lac Léman pour tenter l'opération militaire hasardeuse qui allait les ramener dans leurs vallées, au nord de l'Italie. Le pasteur Henri Arnaud était l'un des principaux d

irigeants de cette expédition qui parcourut 250 kilomètres en 15 jours avant d'arriver a Bobbio, dans la vallée de la Pellice. Cette opération, soutenue par les Néerlandais entra dans l'histoire sous le nom de "Glorieuse Rentrée". Pour les Vaudois, il était important de reconquérir leurs vallées natales, mais pour

 les Néerlandais l'objectif principal était de préparer, dans le secteur frontalier, entre la France et la Savoie, un théatre de guerre contre Louis XIV et son allié, le due Victor-Amédée II. Les grandes puissances protestantes espéraient ainsi attirer le duc de Savoie dans le camp anti-français. Cette politique fut couronnée de succès. En 1690, Victor Amadeus II changeait effectivement de camp. Pour les Vaudois cela signifia la reconnaissance officielle de leur retour dans les vallées. Dans les années 1690-1691, ils pouvalent rechercher leurs familles exilées, voire même refaire leur vie dans les vallées où ils avalent vécu déja près de quatre siècles.

 

L'événement de la Glorieuse Rentrée a, de tout temps, attiré l'attention. Premièrement sous son aspect militaire. Napoléon aurait été fortement impressionné par cet exploit. En 1872, le Ministère italien de la guerre chargeait le capitaine Eugenio Gallet de refaire le trajet a pied. Par la suite, les Anglais découvrirent a leur tour l'importance touristique de la Glorieuse Rentrée. Ils recherchaient loin de leur pays industrialisé et "pollué", la nature intacte, et des habitants vivant "comme jadis" et pensaient avoir trouvé tout cela chez les Vaudois, dans leurs modestes villages de montagne, avec, en toile de fond, leur histoire propre. Des visiteurs anglais comme William Stephen Gilly et Hugh Dyke Acland ainsi que les dessinateurs Bartlett et Brockedon développèrent une image romantisée des Vaudois et de la Glorieuse Rentrée dans les premières décennies du XlXe siècle. L'intérêt du Retour ne se limita pourtant pas seulement aux joies des militaires et des touristes. Dans le courant du XlXe siècle, les Vaudois eux-mêmes commencèrent a s'intéresser a leur propre histoire. Ils recherchaient la signification profonde de cet événement qui a permis l'existence actuelle dans les vallées vaudoises.